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Vente directe, ou comment reprendre la main !
Il est bien loin le temps ou les citadins venaient dans nos campagnes, pot a lait et boite à œuf en main, à notre rencontre. Lait, œuf, mais aussi viande, charcuterie, volailles, ou encore légumes du potager étaient alors vendus directement, sans contraintes dans le cadre d’un rapport commercial « sains ».
L’apparition d’agglomérations surpeuplées et affamées, la rapide transformation de l’agriculture d’un modèle traditionnelle vers un modèle industriel, est perçu par beaucoup d’entre nous comme une perte de tout contrôle et de maîtrise sur l’avenir de notre profession.
Grand vainqueur de cette évolution : le secteur de la grande distribution, fortement concentrée sur quelques enseignes et qui représentent aujourd’hui à elles seules plus de 68% de part de marché.
Lorsque l’on sait que pour le seul secteur des fruits et légumes, la vente au détail est assuré à plus de 75% par ce type de distribution, alors que la vente directe du producteur au consommateur n’atteint que difficilement 2,1% de la production totale.
Cette relation existante auparavant avec les consommateurs est aujourd’hui partiellement perdue, source de suspicion et de crainte, sur la qualité et la provenance des produits alimentaires. Pour y remédier, les pouvoirs publics on crus bon de multiplier, les obligations d’informations et de contrôles, rendant alors la vente en directe difficile, et du seul ressort des Industries Agroalimentaires.
Pouvons nous imaginer une inversion de cette tendance ?
L’utopie n’est pas une valeur très développée dans nos campagnes, attachée au bon sens et à la rationalité. Mais aujourd’hui, 100 000 exploitations ont déjà pris la décision de faire le chemin inverse. Cette vision d’une distribution faite par les paysans eux même, n’est certes pas une idée « passéiste » comme certain aimerait à la penser, mais une vision moderne de la relation qui doit exister aujourd’hui, entre le producteur et celui qui consomme ses productions.
Est-il alors utopique d’imaginer dans les années à venir une part de marché de la vente directe à presque 10% ?

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